Communiqué commun signé nationalement par plus de 40 organisations, dont la LDH.

Contre la loi ANTI MANIFESTATIONS

Si la loi est votée par le Parlement au nom du peuple français, elle ne peut et elle ne doit pas porter atteinte à la libre expression du peuple. La loi adoptée par l’Assemblée nationale qui prétend encadrer le droit de manifester reste, malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel, une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs.

Les violences contre les personnes, les biens, les institutions qui ont eu lieu ne peuvent justifier qu’un exécutif s’arroge des pouvoirs exorbitants. Participer à une manifestation ne saurait signifier le risque pour chacun et chacune d’entre nous d’être poursuivi, fiché et condamné pénalement comme financièrement.

Soumettre les participants et les participantes à une manifestation à une fouille systématique, faire d’un visage en partie couvert un délit, persister dans l’usage d’armes qui mutilent, voici l’esprit et la lettre de mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion.

Cette loi de circonstance porte un lourd risque d’arbitraire des gouvernements d’aujourd’hui comme de demain, nous en demandons l’abrogation. C’est pourquoi nous appelons à manifester ce samedi 13 avril partout où des manifestations auront lieu.

 La FFMC insiste sur le fait que cet appel est indépendant de toute position politicienne, même s’il s’avère que certains partis annoncent leur soutien.  Elle regrette que seuls ces partis rejoignent cet appel à manifester lancé par la Ligue des Droits de l’Homme. Les autres formations politiques ont-elles oublié la maxime « Liberté – Égalité – Fraternité », base de notre république et de ses valeurs démocratiques ???  La communication du gouvernement est trompeuse, à commencer par le nom « anti-casseurs » de cette loi, car les fichages et les dispositifs qui permettent de punir les casseurs existent déjà. La preuve en est la communication très large qu’en fait notre gouvernement sur les plus de 2000 arrestations et les comparutions dans la semaine qui a suivie…  L’interdiction de manifester dans certains lieux, elle aussi, existe déjà. La FFMC n’a par exemple JAMAIS été autorisée à manifester sur les Champs-Élysées. Cette loi est une forme d’extension définitive de l’état d’urgence, avec toutes les dérives imaginables pour empêcher les protestations qui seraient légitimes.

 Le CA de la FFMC12.