En Juin dernier le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe devait venir en Aveyron pour étaler les 18 mesures du CISR et en particulier la mesure du 80km/h... La FFMC12 et les motards avaient répondu présent et organisé une manifestation devant la préfecture. Le délégué n'était pas venu...

En Septembre voilà qu'il revient mais pas pour nous parler des mesures, pour autre chose, une réunion, faire signer des chartes aux élus pour leur faire encore avaler des couleuvres... Les acteurs ayant travaillé pour la prévention, la sécurité des usagers sont invités. La FFMC12 aussi... Le discours est connu, chaque fois le même. Et sans nul doute cette fois encore. On oubliera les copains qui ont laissé leurs cuirs sur les routes depuis début Juillet à cause de dépassements dangereux d'automobilistes bloqués dans les files de véhicules à cause du 80km/h. On oubliera tous les chocs frontaux relatés par la presse locale, les titres annonçant une hausse des tués sur les routes cet été...On oubliera les chiffres qui contredisent l'action de la DSCR pour ne garder que ceux qui vont dans le bon sens, celui du discours officiel...

Il vient sans doute se féliciter des chiffres nationaux… mais en Aveyron la situation est toute autre. L’effet du 80 depuis le 1Er Juillet dans le département laisse septique….

Notre département n’est sans doute pas un cas isolé. Dans de nombreux départements où le réseau routier et la mise en place du 80 entrainent des ralentissements et un engorgement du trafic, on voit des défauts de comportement, on voit des types d’accidents moins remarqués auparavant.

Chocs frontaux le 12/08 et le 05/08, piétons renversés, bien sûr  les usagers vulnérables plus impactés et cela sur le réseau principal du département (RN88, RD920, RD994) qui pour les experts de la DSCR à Paris est le fameux réseau secondaire.

Mauvais bilan de l’accidentologie en Aveyron. Ainsi, sur les sept premiers mois de l’année 2017, 101 accidents avaient été enregistrés, contre 119 sur la même période cet année. Par ailleurs, on déplore cette année 178 blessés (contre 135 en 2017). Sur les routes aveyronnaises, depuis janvier, 17 personnes ont été tuées, contre 11 l’an dernier.

Alors le réseau routier local est il mal adapté ?? Faut il envisager une modification en profondeur pour augmenter les zones de dépassements, les routes à 2x2 voies à séparateurs centraux pour plus de sécurité ??

Le réseau routier est il mal entretenu ?? c’est bien ce que laissait entendre le délégué interministériel en Août sur une radio nationale….

Nous ne cessons d’alerter sur ces problèmes, mais les mesures nationales viennent tout occulter et par là même les réels enjeux de sécurité routière…

Ci dessous un édito de Motomag qui complète bien notre propos.

À la rentrée, il va bien falloir que le gouvernement fasse parler les chiffres pour « rassurer » les Français. C’est une habitude. Taux de croissance, baisse du chômage, mortalité routière… Concernant cette dernière, les premières données officielles de la Sécurité routière pointent pour juillet une baisse de 5,5 % du nombre de tués par rapport à juillet 2017 en France métropolitaine ; ce dont on se réjouit. Mais ne verrait-on pas poindre une justification des 80 km/h sur nos routes secondaires ? Ce serait oublier qu’en mai et juin une baisse encore plus sensible a été relevée par rapport à l’an dernier (- 8,4 % et - 9,3 %), alors qu’on roulait encore à 90…
Le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, voit là une conséquence de l’effet d’annonce incitant les conducteurs à être plus prudents. Une supercherie lorsqu’on connaît l’hostilité de 74 % des Français envers cette mesure !
Il paraît donc urgent d’attendre pour tirer des conclusions…
Le même monsieur Barbe, qui veut légitimement sauver des vies, déclarait aussi sur BFM TV que les chaussées dégradées – qui ont fait l’objet d’un audit aux résultats catastrophiques  font ralentir les automobilistes, réduisant de fait le danger de mort. À l’heure où le nombre de décès de motocyclistes baisse malheureusement moins et où celui des cyclistes grimpe en flèche, il serait bon de considérer les usagers de la route vulnérables, qui peuvent finir pour de bon, eux, au fond d’un trou…

Le mécontentement dépasse aujourd'hui le cadre de la lutte de la FFMC et de la FFMC12. Le travail a été fait pour alerter les usagers et citoyens . Et ils ouvrent les jeux face à la propagande de la DSCR. Les réactions partout en France le montre. La FFMC12 continue cependant son travail de fond pour faire entendre la voix des usagers. Elle ne donnera pas plus de crédit à cette propagande .Elle boycottera donc la réunion en préfecture organisée par la DSR. 

 Le CA de la FFMC12.